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| | | Tafsîr des versets 63 à 77 de la sourate Al-Furqân | |
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Al Barra ibn Malik MachaAllah, je suis habitué(e)

Nombre de messages: 1509 Date d'inscription: 13/09/2005
 | Sujet: Tafsîr des versets 63 à 77 de la sourate Al-Furqân Mar 22 Nov 2005, 16:26 | |
| Les caractéristiques des serviteurs du Rahmân Tafsîr des versets 63 à 77 de la sourate Al-Furqân (1ère partie). Ce tafsîr est une synthèse des commentaires de Ibn Kathîr, Ar-Râzi, Al-Qurtubiy et Sayyid Qutb (Qu'Allah leur fasse miséricorde) à laquelle j’ai ajouté quelques versets et hadith ainsi que quelques remarques. La sourate Al-Furqân ( "le Discernement") est une sourate mecquoise qui traite de questions en rapport avec le dogme et répond aux fausses idées propagées par les associateurs autour du message prophétique et du Qurân. Cette sourate vient donc affirmer le caractère véridique du Livre d’Allah et du message du Prophète Mouhammad , et rappeler quelques aspects de la ‘aqîdah, notamment la croyance dans la Résurrection et dans la rétribution. Après avoir rappelé les ignorances des associateurs et les calomnies qu’ils profèrent à l’encontre du Qurân et de la prophétie, Allah mentionne Ses serviteurs pieux et leurs caractéristiques. Il leur donne le qualificatif de "serviteur" pour les honorer ( "tachrîfan lahum") de la même manière qu’Il a honoré le Prophète dans le premier verset de la sourate Al-Isrâ : "Subhânal ladhî asrâ bi ‘abdihî" ("Pureté à Celui qui a fait voyager Son serviteur"). Celui qui obéit à Allah, L’adore et utilise son ouïe, sa vue, sa langue et son cœur dans l’obéissance à Allah mérite d’être qualifié de serviteur. Parce qu’Allah a réservé ce qualificatif a ceux qui s’adonnent à Son adoration (‘Ubûdiyyah). Cette caractéristique, cette qualité fait partie des plus nobles qualités des créatures. Et celui qui prend le chemin opposé, alors il fait partie de ces gens qu’Allah a décrit dans ce verset : "Ulâïka kal an’âmi bal hum adal " ("ce sont de vrais bestiaux, - et plus égarés encore", s.7/v.179) 1ère caractéristique: Wa 'ibâdur rahmânil ladhîna yamchûna 'alal ardi hawnane ("Et les serviteurs du Miséricordieux sont ceux qui marchent sur la terre avec humilité"): Dans le texte arabe ( "Wa ‘ibâdur rahmânil ladhîna yamchûna ‘alal ardi hawnane"), nous avons à faire à une tournure elliptique dans laquelle le "hum" est omis. On dit que le "houm" est mahdhoûf.(ex : zayd-ul-amîr = zayd huwal amîr). Il faut donc comprendre : "Wa ‘ibâdur rahmâni[humul] ladhîna yamchoûna ‘alal ardi hawnâ". Le mot " yamchûna " fait référence à leur mode vie, à leur conduite et principalement à leurs relations, leurs rapports avec les gens. Le mot " Al-Hawn " fait référence à la tranquillité (As-Sakînah) et la dignité (Al-Waqâr). C’est-à-dire que ces croyants marchent sur la terre humblement, décemment et dignement. Le Prophète a dit : " Oh les hommes ! Avancez avec calme et dignité car la bienfaisance n’est pas dans la précipitation (Al-idâ’) ". Dans un autre hadith le prophète nous a ordonné de nous diriger vers les mosquées avec sérénité, sans précipitation : Abû Hurayrah rapporte : "J'ai entendu dire le Messager de Dieu : "Quand on a lancé le dernier appel à la prière, n'y allez pas en vous pressant, mais en marchant normalement et d'une façon posée. Faites alors ce que vous avez pu attraper de la prière et complétez le reste". Le Prophète marchait d’un pas ferme et rapide mais humblement et modestement. C’est tout le contraire de la démarche lente de l’arrogant, du suffisant. Allah dit : "wa lâ tamchi fil ardi marahâ, innallâha lâ yuhibbu kulla mukhtâlin fakhûr " (" Et ne foule pas la terre avec arrogance, Dieu n’aime pas tout être plein de suffisance et vantardise ", s.31/v.18).” On rapporte que ‘Umar a vu un homme qui marchait lentement, il lui demanda : qu’est ce qui se passe, tu es malade ? Non oh Prince des croyants, répondit-il. ‘Umar lui donna un coup et lui ordonna de marcher avec fermeté. 2ème caractéristique: wa idhâ khâtabahumul djâhilûna qâlû salâmane ("et qui répondent " Salâm ! " aux ignorants qui les interpellent"). Le mot « Salâman » ne vient pas de " At-Taslîm " mais de " At-Tasallum ". les arabes disaient « salâman » dans le sens " tasalluman minka " c’est à dire dans le sens de " barâatan minka " qui exprime le désaveu et non pas la salutation. Le croyant est celui qui repousse l’ignorant qui profère des mauvaises paroles avec douceur et dignité, non pas par faiblesse mais par détachement, désintéressement. Le prophète a dit : " L’insolence de l’ignorant ne fait qu’augmenter la clémence et la mansuétude du croyant ". De même Allah a dit : " Wa idhâ sami’ul laghwa a’radû ‘anhu " ("Lorsqu’ils entendent le verbiage futile, ils s’en écartent" ; s.28/v.55). Saî’d ibn Jubayr a dit que le croyant répond à ces ignorants par le bien. 3ème caractéristique: Wal ladhîna yabîtûna li rabbihim sujjadane wa qiyâmane ("ceux qui passent la nuit devant leur Seigneur, prosternés et debout "). Après avoir rappelé comment ces croyants se conduisent le jour avec les gens, Allah nous rappelle leur conduite la nuit marquée par la piété, la crainte scrupuleuse d’Allah (murâqabah), et la crainte de Son châtiment ainsi que le désir d’obtenir Sa miséricorde. Ils passent leurs nuits dans l’adoration d’Allah comme il est dit dans le verset : " kânou qalîlan minal layli mâ yahdja'ûna wa bil ashâri hum yastaghfirûna" ("Ils ne goûtaient au sommeil qu’une partie de la nuit et chaque aube ils imploraient pardon", s.51/v.17), ou encore le verset suivant : " tatadjâfâ junûbuhum ‘anil madâdji’i yad’ûna rabbahum khawfaw wa tama’ane " (" Leurs flancs s’arrachent à leurs lits pour invoquer leur Seigneur, par crainte autant que par avidité ", s.32/v.16), ou encore : " Amman huwa qânitun ânâ al-layli sâdjidaw wa qâïmay yahdharul âkhirata wa yarjû rahmata rabbih, qul hal yastawil ladhîna ya’lamûna wal ladhîna lâ ya’lamûna " (" Celui qui prie humblement durant les heures nocturnes, prosterné et debout, qui pense avec crainte à la vie future et qui espère en la miséricorde de son Seigneur... [est-il semblable à l'impie ?] Dis : " Sont-ils égaux ceux qui savent et ceux qui ne savent pas ? ", s.39/ v.9). 'Abdullâh ibn Muslim a dit: " La première parole que j'ai entendue du Prophète est: " Ô gens, passez-vous le salâm, donnez à manger (aux nécessiteux), entretenez de bonnes relations avec votre famille, faites la prière de nuit alors que les gens dorment, vous entrerez au Paradis avec aisance " ". 4ème caractéristique: Wal ladhîna yaqûlûna rabbanâs srif 'annâ 'adhâba djahannama inna 'adhâbahâ kânâ rarâmane. Innahâ sâate mustaqarrane wa muqâmane ("Ceux qui disent : " Notre Seigneur ! Détourne de nous le châtiment de la Géhenne, car ce châtiment est un perpétuel tourment, la Géhenne est certes détestable comme lieu de séjour et de repos"). Ils obéissent à Allah, L’adorent nuit et jour, redoublent d’efforts dans l’adoration d’Allah, mais ne se sentent pas pour autant à l’abri du châtiment d’Allah. Ils ne se sentent pas tranquilles. Au contraire, ils sont très soucieux et demandent dans leurs prières qu’Allah les épargne d’un châtiment atroce et perpétuel qui ne se détourne pas de celui qui le subit, qui ne s’en sépare pas. Et pourtant ils n’ont pas vu la Djahannama! Mais ils ont cru à son existence et ils ont gardé en tête les descriptions qu’Allah en a fait ainsi que Son prophète. Allah parle de la Djahannama comme d’un être vivant : " Idhâ ulqû fîhâ sami’û laha chahîqaw wa hiya tafûru ; takâdu tamayyazu minal raydhi " (« Quand ils y sont jetés, ils en entendent un sanglot, tandis qu’elle gicle : peu s’en faut que, de rage, elle n’éclate » [tant sa colère envers les ennemis d’Allah est grande], s.67/v.7-8), ou encore : " Yawma naqûlu lidjahannama halim tala-ti wa taqûlu hal mim mazîdine ("Le jour où nous dirons à la Djahannama « Es-tu remplie ? » elle dira : Y a t-il quoi ajouter ?" s.50/v.30). Dans un hadith, le Prophète a dit : " Le feu a été attisé pendant 1000 ans jusqu’à ce qu’il devienne rouge puis il a encore été attisé pendant 1000 ans jusqu’à ce qu’il devienne blanc puis encore 1000 autres années jusqu’à ce qu’il devienne noir. Il est noir comme la nuit obscure". Existe-t-il un lieu de séjour pire que la Djahannama ? Qui a t-il de reposant à brûler dans un feu ardent, à manger le zaqqûm (cf. s.37/v.62-66), le darî’ (cf. s.88/v.6-7), le ghislîn (cf. s.69/v.36-37) etc. L’Imam Ahmad rapporte d’après Anas que le Prophète a dit : " L’homme dans la Djahannama appellera son Seigneur pendant 1000 ans par ces mots : oh le Compatissant, oh le Généreux ! Allah dira alors à Djibrîl : vas me chercher cet homme-là. Jibril partira sur l’ordre d’Allah et trouvera les gens de l’Enfer en pleur. Il reviendra vers Allah et l’en informera. Allah le chargera d’aller chercher cet homme et lui indiquera l’endroit où il se trouve. Il reviendra avec et le mettra devant Allah. Allah lui demandera : Oh mon serviteur comment as tu trouvé ta demeure, ton lieu de repos ? Il répondra : c’est la pire des demeures et le pire lieu de repos ! Allah dira : ramenez le là à sa place ! Il s’écriera : Oh Seigneur je ne m’attendais pas lorsque Tu m'a fais sortir de là à ce que Tu m’y renvoies. Allah dira : Laisse le ". Malheureusement on a l’impression que beaucoup se comportent aujourd’hui comme si les quelques bonnes œuvres à leur actif les avaient mis quasiment définitivement à l’abri du châtiment d’Allah. Conséquence : ils lèvent facilement le pied dans l’adoration, ils relâchent facilement leurs efforts. Mais le vrai serviteur du Rahmân est celui dont le cœur reste en permanence entre la crainte et l’espoir. 5ème caractéristique: Wal ladhîna idhâ anfaqû lam yusrifû wa lam yaqturû wa kâna bayna dhâlika qawâmane ("Ceux qui, pour leurs dépenses, ne sont ni prodigues, ni mesquins, car la juste mesure se trouve entre les deux"). Le musulman n’est pas libre de dépenser ses biens comme bon lui semble. La législation islamique gère sa vie dans tous ses aspects. Le musulman ne gaspille pas son argent, et n’est pas avare comme il est dit dans le verset suivant : " Wa lâ tadj’al yadaka marlûlatan ilâ ‘unuqika wa lâ tabsutahâ koullal basti fa taq’uda malûmam mahsûrane " ("Ne tiens pas ta main enchaînée au cou, et ne l’ouvre pas totalement ", s.17/V.29). "Al-Isrâf" c’est dépenser plus qu’il ne le faut, et "At-Taqtîr", c’est l’opposé. Dans son Tafsîr, l’Imâm Ar-Râzî rapporte l’histoire suivante : Un homme a demandé à un ‘âlim : "quelle est la demeure dans laquelle il n’y pas de gaspillage, il a répondu : c’est celle qui te protège du soleil et de la pluie. Il lui a demandé : quelle est le repas dans lequel il n’y a pas de gaspillage, il a répondu : c’est celui qui coupe l’accès de faim, et il lui a dit : Et dans les vêtements ? Il a répondu : c’est ce qui couvre ta nudité et te protège du froid ". Pour Ibn ‘Abbâs, Moujâhid, Qatâda et Ad-dahâk, Al-Isrâf réside dans le fait de dépenser dans la désobéissance à Allah, et "Al-Iqtâr" consiste à entraver le droit d’Allah ("man’u haqqil lahi"). Celui qui dépense beaucoup dans l’obéissance n’est pas considéré comme un musrif, mais dépenser ne serait ce qu’un sa’ ou un dirham dans la désobéissance à Allah, c’est du gaspillage (cf. Mujâhid, Ibn ‘Abbas). Abou Bakr a donné toute sa fortune en aumône parce que c’était la bonne mesure pour lui compte tenu de sa patience et de sa solidité dans la religion, et le Prophète l’a interdit à d’autres. Zayd ibn houbayb (ou habîb) a dit par rapport à ce verset: "Les Compagnons ne mangeaient pas pour le plaisir de manger, et ils ne s’habillaient pas pour être beaux, mais ils cherchaient en mangeant à couper la faim et reprendre des forces pour adorer Allah et en s’habillant à couvrir leur nudité et à se protéger de la chaleur et du froid". |
|  | | Al Barra ibn Malik MachaAllah, je suis habitué(e)

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 | Sujet: Tafsîr des versets 63 à 77 de la sourate Al-Furqân (2eme par Mar 22 Nov 2005, 16:28 | |
| Tafsîr des versets 63 à 77 de la sourate Al-Furqân, le Dicernement (2ème et dernière partie). Ce tafsîr est une synthèse des commentaires de Ibn Kathîr, Ar-Râzî, Al-Qurtubiy, Ach-Chawkâniy et de Sayyid Qutb, rahimahumullâh. J’ai ajouté quelques versets et hadith ainsi que quelques remarques. 6ème qualité : Wal-ladhîna lâ yad’ûna ma’allâhi ilâhan âkhara wa lâ yaqtulûn-an-nafsal-latî harramallâhu illâ bil haqqi wa lâ yaznûna wa man yaf’al dhâlika yalqa athâmâ (« ceux qui n'invoquent aucune autre divinité qu'Allâh et qui ne tuent personne, car Dieu l'a interdit sauf pour une juste raison et qui ne se livrent pas à la fornication. Mais quiconque ferait tout cela recevra le prix de ses crimes »). L’adoration des divinités en dehors d’Allah, le meurtre sans justification légale et la fornication sont des caractéristiques de la mécréance. Les serviteurs qu’Allâh décrits ici ne se comportent pas de cette manière. Abdallâh ibn Mas’ûd rapporte qu’on a demandé au Prophète : - "Quel est le plus grand péché ? - C’est d’associer quelqu’un à Allâh alors qu’Il t’a créé. - Et ensuite ? lui a t-il demandé. - C'est de tuer ton fils de peur qu’il mange avec toi. - Et ensuite ? C'est de commettre la fornication avec la femme de ton voisin." Et Allah a révélé ce verset. Salâm ibn Qays a dit que le Prophète, lors du pèlerinage d’adieu, a interdit quatre choses, et qu'il s'y est tenu depuis qu'il les avait entendues de la bouche du Prophète. Le prophète avait dit : « N’associez rien à Allâh, ne tuez pas l’âme qu’Allâh a interdit de tuer sauf pour une juste raison, ne pratiquez pas l’adultère et ne volez pas ». Concernant l'expression illâ bil haq, elle signifie à moins que ce soit pour une raison juste, c'est-à-dire l’apostasie ou encore l’adultère (la fornication d'un musulman marié), l'homosexualité et le meurtre. La zinâ, c’est le fait d’avoir des relations sexuelles en dehors du cadre d'un mariage légal, la fornication. Ce verset montre qu’après le kufr, il n’y a rien de plus grave que de tuer sans droit et de commettre la fornication. C’est pourquoi la peine pour la fornication, c’est la mort pour celui qui est marié et le fouet et l'exil pour celui qui ne l’est pas. Ce verset montre clairement que l’Islam accorde une grande valeur à la vie humaine en interdisant le meurtre et en le classant parmi les péchés capitaux juste derrière le chirk. Quelle fausse idée donc que celle d’un Islam assoiffé de sang, propagée par les ennemis d’Allâh ! Quant au mot athâmâ, il s'agit de la rétribution du criminel. Ainsi, les hommes coupables des péchés qu'Allâh cite dans ce verset recevront un dur châtiment. Certains grands savants, comme Hâssan al-Basriy, ont dit que athâmâ est un des noms du Jahannam ; d'autres, comme 'Ikrimah, Mujâhad, Sa'îd ibn Jubayr, ont dit que athâm est une vallée (ou un ensemble de vallées) dans le Jahannam, dans laquelle ceux qui pratiquent la fornication seront châtiés. Puis Allah dit : Yudâ’af lah-ul-‘adhâbu yawmal qiyâmati wa yakhlud fîhî muhânâ (« Le châtiment lui sera doublé au jour de la Résurrection et il y demeurera éternellement comblé d’ignominie »). Selon l’Imâm Ar-Râzî, le doublement du châtiment est le résultat de la désobéissance associée au chirk. L’associateur est ainsi châtié pour son chirk et pour sa désobéissance. Vient s’ajouter au châtiment doublé celui de l’humiliation et de l’avilissement (ihânah). Ensuite Allah ouvre la porte du repentir au polythéiste, au meurtrier et au polythéiste, repentir qui n’est possible que dans la vie d’ici-bas : Illâ man tâba wa âmana wa ‘amila ‘amalan sâlihan (« à moins qu’il ne se repente et croie et fasse œuvre bonne »). Fa-ulâïka yubaddilullâhu sayyi-âtihim haçanât wa kânallâhu ghafûrar rahîmâ (« car ceux-là, Allâh changera leurs mauvaises actions en bonnes, tandis qu'Allâh demeure Pardonneur, Miséricordieux »). Ce verset a été interprété de deux manières : il exprime selon certains exégètes le changement d’état, le passage d’un état à un autre (taghyîr-ul ahwâl) : de la mécréance à la foi, de la désobéissance à l’obéissance, du chirk au tawhîd, du doute à la sincérité, de la perversité à la piété (selon Ibn ‘Abbâs, Sa’îd ibn Jubayr, Haçân Al-Basri, Abu ‘âliah, Qatâdah) selon d’autres exégètes, les péchés commis seront transformés en de bonnes actions le jour de la résurrection grâce au repentir sincère même s’ils restent inscrits. Cela est confirmé dans un hadith que l’on trouve dans le Sahîh de Muslim, selon lequel le Prophète a dit : « Je connais le dernier de ceux qui entreront au Paradis et le dernier de ceux qui entreront en Enfer. On amènera un homme le jour du jugement et on dira : "Montrez-lui ses petits péchés et ne mentionnez pas ses grands péchés". On lui montrera alors les petits péchés qu’il a commis de son vivant et on lui dira "tu as fait telle chose tel jour, et telle autre chose tel autre jour. Il reconnaîtra ses fautes sans rien nier tout en redoutant qu’on ne lui montre ses grands péchés. On lui dira : "A la place de chaque péché tu auras une bonne action.". L’homme dira : "Ô Allah ! J’ai commis des choses que je ne vois pas ici !" Et Abû Dharr, qui rapporte ce hadith ajoute : « J’ai vu alors le Messager d’Allah rire à tel point que ses molaires étaient visibles. » Et quand on connaît la miséricorde d’Allah et Sa générosité, il est très facile de concevoir qu’Allah peut remplacer chaque péché par une bonne action si le repentir a été sincère. D’ailleurs, le Prophète n’a-t-il pas dit à Mu’âdh : « Fais suivre la mauvaise action d’une bonne action qui l’effacera, et comporte toi bien avec les gens » ? On rapporte qu’un vieillard est venu voir le Prophète et lui a dit : Ô Messager d'Allah! Que penser d’un homme qui a trahi, qui a commis des perversités et qui n’a laissé aucun besoin qu’il n’ait assouvi ni servante qu’il n’ait approchée. Si on partageait ses péchés entre les habitants de la terre, ils les auraient tous précipités en Enfer. Son repentir sera t-il accepté ? Le Prophète lui demanda : As-tu embrassé l’Islam ? Et l’homme de répondre : En ce qui me concerne, j’atteste qu’il n’y a de divinité qu’Allah, l’Unique, sans associé et que Muhammad est Son serviteur et Messager. Le prophète répliqua : Allah a effacé tes trahisons et tes perversités et a changé tes mauvaises actions en bonnes actions. Le vieillard demanda : Ainsi que mes trahisons et perversités ? Le Prophète répondit : Ainsi que tes trahisons et perversités ? Le vieillard s’en alla tout en répétant le tahlîl (la ilâha illal lâh) et le takbîr (Allahu Akbar). 7ème qualité: Wa man tâba wa ‘amila sâlihan fa innahû yatûbu illallâhi matâbâ (« Et quiconque se repent et fait œuvre bonne, alors oui, à Allah, il effectue un vrai repentir »). Celui qui se repent des péchés qu’il a commis et qui fait suivre son repentir de bonnes œuvres, alors c’est un retour vers Allah plein de sincérité qu’il a accompli. Certains ont dit que le verset précédent faisait référence au repentir des associateurs, d’où la parole d’Allah : « Illâ man tâba wa âmana » (« à moins qu’il ne se repente et se mette à croire »). D'autres pensent qu'il fait plutôt référence à ces croyants qui se repentent et qui font suivre leur repentir de bonnes actions. Celui qui se repent avec sa langue sans concrétiser son repentir par des actes, son repentir ne lui sera d’aucune utilité. En revanche, celui qui se repent et concrétise son repentir en oeuvrant dans le bien, celui-là s’est repenti d’un repentir vrai, c’est-à-dire sincère. Le nom d'action matâbâ vient renforcer (ta-kîd) cette idée de repentir sincère. C'est cette construction que l'on trouve aussi dans le verset 164 de la sourate 4, les Femmes : wa kallamallâhu Mussâ taklîmâ (Et Allah a vraiment parlé à Moïse, en paroles). |
|  | | Al Barra ibn Malik MachaAllah, je suis habitué(e)

Nombre de messages: 1509 Date d'inscription: 13/09/2005
 | Sujet: versets 63 a 77 sourate fourqane (fin) Mar 22 Nov 2005, 16:29 | |
| Et très certainement, Allah pose ici les fondements du repentir et ses conditions. Le repentir commence par le regret, qui est un signe de sincérité et par l’abandon du péché commis, et se termine par la pratique du bien. Les conditions du repentir telles qu’elles ont été définies par les ‘ulamâ sont : la sincérité, le regret, l’abandon immédiat du péché, la ferme intention de ne pas commettre à nouveau ce péché, le respect de la limite temporelle au-delà de laquelle le repentir n'est plus accepté, soit avant la mort et avant que le soleil ne se lève à l’Ouest, conformément à la célèbre parole de notre Prophète. 8ème qualité: Wal-ladhîna lâ yachhadûn-az-zûr (« Et ce sont ceux qui ne participent pas au « zûr ») Az-zûr signifie dans la langue arabe le mensonge (al-kadhib) et le faux (al-bâtil). Il est possible de comprendre le verset de deux manières : ou bien le verset fait référence au chahâdat-uz-zûr, ou bien il fait référence au muchâhadat-uz-zûr. Dans le premier cas, cela voudrait dire que les serviteurs du Rahmân ne font pas de faux témoignages (il faudrait comprendre alors ici lâ yachhadûna chahâdat-az-zûr, le mot chahâdat étant sous-entendu). Dans le second cas, cela voudrait dire qu’ils ne participent pas au mensonge, au faux. La majorité des exégètes ont penché vers cette seconde interprétation et ont divergé en revanche quant au sens qu’il fallait donner dans ce cas au mot Az-zûr. Certains ont dit qu’il faisait référence aux fêtes des idolâtres, d’autres que c’était un jeu à l’époque de la Jâhiliyyah, d’autres encore qu’il renvoyait au chant et à l’amusement. Tout cela dénote de toutes façons le mensonge et le faux. Ainsi, ces serviteurs d’Allah n’assistent pas aux assemblées de mensonge, de faux et distraction et n’aident pas les gens du faux dans leurs mensonges et leur futilités. La deuxième partie du verset confirme l’interprétation de la première partie du verset, faite par la majorité des exégètes : Wa idhâ marrû bil-laghwi marrû kirâmâ (« Et qui, lorsqu’ils passent devant des futilités continuent leur chemin en toute dignité »). Le laghw fait référence à ce qui est vil, bas et concerne aussi bien les paroles que les actes (selon Haçan Al-Basriy, il s'agit de la désobéissance dans son ensemble). Autrement dit, ces serviteurs du Rahmân s’écartent de ce laghw et ne l’agréent pas, n’y prêtent pas attention, ne s'y arrêtent pas mais passent noblement (kirâmâ), c’est-à-dire qu’ils préservent leur dignité en évitant de s’adonner au laghw et même de se mêler à ceux qui s'y adonnent. On comprend bien pourquoi ces serviteurs du Rahmân se comportent ainsi lorsqu’on lit les versets 42-45 de la sourate 74, Al-Muddaththir : Qu’est ce qui vous a conduits dans Saqar ? Ils dirent : Nous n’étions pas du nombre de ceux qui prient. Et nous ne donnions pas à manger aux miséreux. Mais mous discutions vainement avec les discuteurs », c’est-à-dire "nous avions de discussions vaines avec les gens de l’égarement et nous sommes tombés avec eux dans le faux". 9ème qualité: Wal-ladhîna idhâ dhukkirû bi âyâti rabbihim lam yakhirrû ‘alayhâ summaw wa ‘umyânâ (« Et lorsque les signes de leur Seigneur leur sont rappelés, ils ne s'en trouvent ni sourds et ni aveugles »). Lorsqu’ils entendent la Parole d’Allah, ils y sont très attentifs, pensent à l’au-delà et ne persévèrent pas dans la désobéissance. Ils tombent en pleurs, méditent, comprennent et se conforment aux ordres de leur Seigneur. Car Allâh décrit ainsi le croyant dans le verset 2 de la sourate 8, Le Butin : En vérité, sont croyants ceux dont les cœurs s’effraient quand on mentionne Allah. Et quand Ses versets leur sont récités, cela fait accroître la foi et il s’en remettent à leur Seigneur et dans le verset 135 de la sourate 2, La Vache : ceux qui, après avoir fait une mauvaise action ou s’être fait du tort à eux-mêmes, se souviennent d’Allah et demandent pardon pour leurs péchés – et qui donc pardonne les péchés si ce n’est Allah – et ils ne s’obstinent pas sciemment dans leurs agissements [s.2/v.135]. A l’inverse, les mécréants ne profitent pas de la Parole d’Allah, ils n’entendent rien, ne comprennent rien et persévèrent dans leur égarement, dans leur rébellion, dans leur ignorance. Ils ont des oreilles mais ils n’entendent pas, ils ont des yeux mais ils ne voient pas et Allah les décrit dans les versets 124-125 de la sourate 9, Le Désaveu : Lorsqu’une sourate est révélée, il y en a qui disent : « y en a-t-il un parmi vous dont elle fait augmenter la foi ? ». Pour ce qui est des croyants, elle fait bien augmenter leur foi et ils se réjouissent. Quant à ceux dont les cœurs sont malades, elle ajoute un opprobre à leur opprobre et ils meurent mécréants ». 10ème caractéristique: Wal-ladhîna yaqûlûna rabbanâ hab lanâ min azwâdjinâ wa dhurriyâtinâ qurrata a’yuniw wadj’alnâ lil muttaqîna imâmâ (« Et ceux qui disent : Seigneur, accorde nous la joie des yeux en nos épouses et en notre descendance et fais de nous des guides pour les pieux ») En d’autres termes, ils demandent à Allah de leur accorder des épouses et une descendance qui obéissent à Allah et L’adorent sans rien Lui associer. Comme Haçan Al-Basriy a dit, il n’y a rien de plus frais pour les yeux du croyant que de voir son épouse ou son fils ou son petit-fils ou son frère ou son ami obéir à Allah. Le bonheur pour le croyant, c’est de voir sa famille soumise au Créateur, adorant son Seigneur, Le craignant, cherchant Sa satisfaction et évitant Sa Colère. Rappelez-vous les paroles du Prophète Ya’qûb à ses enfants juste avant sa mort : « Etiez-vous témoins quand la mort se présenta à Ya’qûb et qu’il dit à ses fils : « Qu’allez vous adorer après moi ? Ils dirent : nous adorerons ton Dieu et le Dieu de tes pères Ibrahîm, Isma’îl et Is-hâq, un Dieu unique et nous Lui serons soumis » [verset 133 de la sourate 2, La Vache). Voilà tout ce qui intéresse le Prophète Ya’qûb avant de rejoindre Son seigneur, et voilà tout ce qui doit nous préoccuper si nous voulons goûter au bonheur dans cette vie d’ici-bas et dans l’au-delà. Ils demandent également à Allah de faire d’eux des guides pour les pieux, c’est à dire des modèles de vertu à suivre, des gens guidés et qui guident, des gens qui appellent au bien dans l’espoir d’obtenir la récompense suprême. Quel contraste avec ce que l’on vit aujourd’hui ! Nos allées et venues à la mosquée, nos exhortations, notre appel au bien et notre condamnation du mal, notre barbe, notre hidjâb, bref les manifestations de notre attachement à notre religion et de notre soumission à Allah, tout cela est devenu source d’inquiétude pour certaines de nos familles, alors que tout cela n’est que joie des yeux pour celui qui comprend. Quelle est donc cette récompense suprême ? Ulâ-ika yudjzawn-al-ghurfata bimâ sabarû wa yulaqqawna fîhâ tahiyyataw wa salâma. Khâlidîna fîhâ haçunat mustaqarraw wa muqâmâ (« Ceux là auront pour récompense un lieu élevé (du Paradis) contre leur grande patience et ils y seront accueillis par des vœux de salut et paix. Ils y resteront pour l’éternité. Quelle belle demeure et quel beau lieu de séjour ! ») Les serviteurs du Rahmân obtiendront, pour leur patience dans l’obéissance à Allah et Son Prophète ainsi que dans les épreuves, les hauts degrés du Paradis, c’est à dire les plus hautes demeures du Paradis et donc les meilleures (al-ghurfah). Ils y seront reçus par des salutations (tahiyyatan) et des voeux de paix (salâmâ). Par tahiyyah, il faut entendre longévité et par salâm, sécurité et préservation de tout mal. Certains exégètes ont avancé que ces vœux viennent d’Allah, d’autres, des anges, d’autres encore, des gens du Paradis entre eux. Ils resteront dans ces hautes demeures à jamais, profitant de ce que leur Seigneur leur a réservé. Quelle différence avec le sort des mécréants!(voir le verset 66 de cette sourate). Allah dit dans les versets 35-36 de la sourate 68, Le Qalam : Allons-nous donc traiter les soumis de la même manière que les criminels ? Qu’avez-vous donc ! Comment jugez-vous ? Et le dernier verset de la sourate traitée ici : Qul mâ ya’ba-u bikum rabbî law lâ du’â-ukum faqad kadhdhabtum fasawfa yakûnu lizâmâ (« Dis mon Seigneur ne se souciera pas de vous sans votre prière mais vous avez démenti. Votre châtiment sera inévitable et permanent »). Allah n’a pas besoin de notre adoration – et comment ! Il est au dessus de tout besoin (Al-Ghaniyy) – mais Il nous a demandé de nous soumettre pour que nous tirions profit de notre soumission. Et l’homme n’a aucun poids auprès d’Allah s’il ne Lui est pas soumis, s’il ne Lui voue pas une adoration exclusive, s’il ne L’implore pas (Al-‘ib- en arabe signifie la charge, le poids, voir le début du verset mâ ya’ba-u bikum rabbî). C’est d’ailleurs notre seule raison d’être, comme le précise le verset très connu : Je n’ai créé les Djinn et les hommes que pour qu’ils m’adorent. Ensuite Allah s’adresse aux mécréants pour leur dire en d'autres termes : " vous avez démenti le Prophète et le Qur’ân et ceci sera la cause de votre châtiment et de votre anéantissement dans la vie d’ici-bas (référence à la bataille de Badr selon la majorité des exégètes) et dans l’au-delà ". Laissons les derniers mots à l’Imâm Al-Qurtubiy, qui dénombre pas moins de onze qualités entre le début du verset 63 « les serviteurs du Rahmân » et l’annonce de leur récompense au v. 75 : "la modestie, la sagesse, la prière nocturne, la crainte d’Allah, l’abandon du gaspillage et de l’avarice, l’éloignement de toute forme d'atteinte au tawhîd, l’éloignement de la fornication et du meurtre, le repentir et l’abstention de tout mensonge, le pardon, l’acceptation des exhortations, et l’imploration d’Allah." |
|  | | | | Tafsîr des versets 63 à 77 de la sourate Al-Furqân | |
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